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17
Février

Une expérience inédite d’un service civique mêlant Roms et Français vient d’être lancée

Unis-Cité
Le Melting’Potes balaie les clichés
Une expérience inédite d’un service civique mêlant Roms et Français vient d’être lancée

Quel point commun entre Ximun, l’élève ingénieur basque, et Léonard, un Rom de 18 ans qui vit retranché dans un camp de fortune et mendiait à son arrivée à Toulouse ? D’abord, ils avaient tous les deux des préjugés. Ximun confondait Roms et gens du voyage. Léonard était persuadé que tous les Français « détestaient » ses semblables. « Véritable tour de Babel » Surtout, les voilà pour six mois dans le même bateau, dans l’équipe du Melting’Potes, un service civique innovant mis sur pied par l’association Unis-Cité. Ils sont vingt en tout, dix Roms et dix Français. Au-delà de couper court aux clichés, l’idée du programme est « de favoriser l’intégration par le brassage », explique Stéphane Quéméneur, qui coordonne « cette véritable tour de Babel ». On y parle franglais, ou seulement romani pour les uns, roumain pour d’autres. Mais peu importe, pas besoin de longs discours pour faire pousser des légumes dans le jardin partagé de l’association étudiante Veracruz, sur le campus de Rangueil, ou pour aller donner un coup de main aux Restos du cœur. Français et Roms ne passent pas toutes leurs journées ensemble. Car pour les seconds, la mission comprend aussi 132 heures « d’école de français » comme dit Tibério. Malgré six ans passés ici à aider sa famille dans le ferraillage, le jeune homme part de très loin dans ce domaine, ce qui en dit long sur l’isolement des communautés roms. Pour Léonard, qui a été scolarisé et prend très à cœur son rôle de traducteur, ce sera l’occasion de travailler l’écrit. Car, pour l’instant, c’est Sté- phane qui lui lit les textos de la banque où il tente d’ouvrir un compte. Les volontaires n’ont que quelques semaines de vie commune. Céline et Ninah, en rupture scolaire, s’étonnent de « l’esprit de groupe » des Roms. Quant à Ana-Maria, elle attend avec impatience le démarrage de l’atelier carnaval. Le char qu’elle va contribuer à décorer sera garé dans la grande halle flambant neuve de Montaudran. Juste en face du camp où vit sa famille.

 

Le reportage d’Hélène Ménal

 

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