La généralisation du Service Civique pour toutes et tous : une demande portée par de nombreux acteurs de de la société civile

Unis-Cité est loin d’être la seule organisation de la société civile à appeler à la généralisation du Service Civique. Les associations, à l’origine de la création du dispositif et qui accueillent près de 80 000 jeunes en Service Civique chaque année, ainsi que la FAGE et de nombreux autres collectifs d’acteurs de la société civile ont eux aussi appelé, à l’occasion de cette élection présidentielle, au déploiement d’un « Service Civique pour toutes et tous », et formulé des recommandations pour en garantir la qualité, dans la lignée de celles formulées par le Conseil Économique, Social et Environnemental en 2017.


La FAGE dans son plaidoyer « 50 propositions d’aujourd’hui pour la jeunesse de Demain », formule deux propositions relatives au Service Civique et à l’éducation citoyenne des jeunes. La première (n°47) consiste à transformer la Journée Défense et Citoyenneté en véritable « Semaine de citoyenneté, de formation et de Défense », réalisée entre 16 et 19 ans. Ce parcours permettrait aux jeunes de découvrir le fonctionnement des armées et les grands principes de la République, de découvrir les différents droits auxquels ils et elles peuvent prétendre et de rencontrer les acteurs et actrices de l’orientation et de l’insertion sociale et professionnelle, d’accéder à des formations immédiatement utiles, telles que les premiers secours, le code de la route ou les usages du numérique. Enfin, les jeunes devraient pouvoir découvrir les modalités d’engagement qui s’offrent à eux à l’issue de la semaine à l’instar du Service Civique, du bénévolat associatif ou de la réserve militaire ou civile. La FAGE propose également (n°48) une alternative au “service national universel” du gouvernement, qui prendrait la forme d’un Service Civique réformé et généralisé. Les missions de Service Civique, idéalement d’une durée d’au moins 10 mois, prendraient une forme collective pour favoriser la rencontre de jeunes d’horizons différents et prévenir les situations de travail dissimulé. Le nombre de journées de formations civiques et citoyennes serait renforcé pour passer de 3 à 10.

Dans son « plaidoyer pour une politique de vie associative ambitieuse dans le cadre du prochain quinquennat » le Mouvement Associatif a demandé quant à lui aux candidats de « choisir l’intérêt général » avec 13 engagements pour les associations. Le Mouvement Associatif demande notamment (engagement n°5) de construire dans une logique interministérielle et avec les acteurs associatifs une stratégie nationale de l’engagement. Il propose une sensibilisation à l’engagement dès le plus jeune âge, et la création d’un parcours d’éducation civique à l’école, en lieu et place du Service national universel, ainsi que soit facilité l’engagement tout au long de la vie, dans une logique de « parcours d’engagement ». le Mouvement Associatif demande aussi (engagement n°6) à ce que le Service Civique soit massivement développé pour être rendu accessible à tous les jeunes. Lors d’un face-à-face entre les associations et les représentants des candidats à l’élection présidentielle, le 7 mars dernier, les représentants du Mouvement Associatif ont invité les représentants des candidats à l’élection présidentielle à rendre le Service Civique accessible à environ 500 000 jeunes par an, et à préserver une durée moyenne de 8 mois pour les missions de service civique.
A travers la plateforme inter associative pour le Service Civique, 36 associations, engagées dans l’accueil de plus de 77 000 jeunes en Service Civique ont par ailleurs rédigé une déclaration commune en vue de l’élection présidentielle intitulée « Le Service Civique pour toutes et tous : un enjeu d’avenir pour les jeunes comme pour notre société ».   Elles demandent une réaffirmation politique forte de la volonté de développer le Service Civique, avec un développement continu, régulier et durable du budget alloué au Service Civique, qui, pour les associations, doit continuer à avoir une durée moyenne 8 mois (et une souplesse entre 6 et 12). Les associations demandent en outre que les formations civiques soient renforcées. Elles demandent une communication beaucoup plus massive sur le Service Civique par l’Etat, avec à la fois davantage de campagnes de communication grand public, et sur le terrain une information systématique des jeunes par les établissements scolaires de l’enseignement secondaire et les universités. Enfin, pour que ce Service Civique reste de qualité, les associations demandent un accompagnement renforcé des organismes d’accueil et des tuteurs, et un soutien financier renforcé pour l’accueil des jeunes « NEETs » ayant besoin d’un accompagnement adapté.

Le Pacte du pouvoir de vivre est une alliance de la société civile initiée le 5 mars 2019 par la CFDT avec 18 autres organisations de la société civile. Unis-Cité en est membre, aux côtés de 64 autres organisations. Le Pacte du Pouvoir de Vivre est parti en campagne et a interpellé les candidats à l’élection présidentielle sur la base de « 90 propositions pour le pouvoir de vivre ». Ces propositions construites collectivement comprennent notamment celle de « Généraliser le service civique et le rendre accessible à toutes et tous ». En effet, le Pacte du pouvoir de vivre propose que les 6 à 12 mois (8 mois en moyenne) de « césure citoyenne » que constitue le Service Civique deviennent une étape accessible, sur la base du volontariat, à tous les jeunes entre 16 et 25 ans.

L’association Démocratie Ouverte rassemble des associations qui portent des propositions de transformation démocratique. Elles ont ensemble élaboré le « Pacte Démocratique » qui a été soumis pour signature aux différents candidats à l’élection présidentielle. Ce Pacte intègre la nécessité de former les jeunes aux pratiques démocratiques, à travers notamment la proposition de généralisation du Service Civique comme socle de l’éducation à l’engagement et la démocratie. A l’occasion de la « Fête de la Démocratie », le 27 mars dernier, les acteurs du Pacte Démocratique et des jeunes d’Unis-Cité ont demandé aux candidats de s’engager à généraliser le Service Civique à toute une classe d’âge.
 

Le 22 février, France Inter et l’association Chemins d’Avenir ont rassemblé 100 jeunes entre 16 et 25 ans issus de différentes associations de jeunesse, pour que la parole soit donnée aux jeunes à l’occasion de cette élection présidentielle. Les candidats ont quasiment tous répondu présents et ont été interrogés par les jeunes sur les sujets qui les préoccupent. Juliette, Timothé et Rosie, volontaires et anciens volontaires en Service Civique chez Unis-Cité faisaient partie de ces jeunes, et ont pu questionner Yannick Jadot, Anne Hidalgo et Valérie Pécresse, sur leur vision du Service Civique.
Retrouvez ici l’émission « des jeunes et des candidats »