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03
Décembre

Béatrice Angrand, Présidente de l’Agence du Service Civique, présente sa vision du Service Civique à 5 ans.

Unis-Cité
parcours éducatif, initiatives des jeunes, lien entre SNU et Service Civique, place des entreprises.

Quelle est votre vision du Service Civique à 5 ans ?

Le fil rouge qui guide mon action est l’équilibre entre l’évolution quantitative du Service Civique (augmenter le nombre de jeunes accueillis) et son évolution qualitative (s’assurer de l’intérêt, de l’utilité et de la qualité des missions proposées aux jeunes). Sachant cela, je voudrais mettre particulièrement en valeur certains axes :

  • Augmenter la reconnaissance du Service Civique par la société, le monde du travail en particulier, en créant de vraies passerelles vers l’emploi (exemple : des projets-pilotes en régions) et vers la formation pour les jeunes qui sont passés par le dispositif… En disant cela, je n’oublie jamais que le Service Civique n’est ni un emploi ni un stage. C’est un engagement, un temps donné aux autres et, par là, une possibilité de découverte de soi.
  • Pour donner une cohérence plus forte au dispositif, à la fois pour les jeunes, mais aussi pour les structures d’accueil qui sont tellement diverses (associations, collectivités territoriales, établissements publics…), je souhaite travailler de plus en plus sur une logique de thématique annuelle, voire pluriannuelle. Par exemple : l’égalité femmes/hommes (même si on doit considérer que ce sujet mérite une veille permanente), la paix, l’interculturalité, le développement durable, les relations avec l’Afrique…
  • Apporter plus de reconnaissance et de visibilité aux tuteurs du Service Civique, et davantage les former. Ils ont un rôle très important à jouer auprès des jeunes volontaires. Tous les travaux de recherche soulignent en effet un lien direct entre la nature de la relation entre le jeune et son tuteur et l’expérience positive de Service Civique.
  • Augmenter le nombre de jeunes en Service Civique, en adossant cette progression à la montée en charge du nouveau Service National Universel (SNU).
  • Faire du Service Civique une politique publique davantage construite pour et par les jeunes : qu’il corresponde mieux à leurs attentes. Par exemple en matière de développement durable et environnement, où plus de 80% des jeunes désireraient intervenir, alors que seulement 18% des missions de Service Civique proposées concernent ce domaine. L’Agence avait lancé le « Service Civique d’initiative » il y a deux ans, c’est une possibilité que nous devons davantage valoriser : il permet au jeune de proposer sa mission à la structure d’accueil (et non l’inverse comme c’est le plus souvent le cas). Enfin, le statut de volontaire qui, depuis la loi égalité-citoyenneté de 2017, est aligné sur celui d’étudiant, doit être systématiquement appliqué.

Comment faire pour que le Service Civique devienne une évidence dans le parcours éducatif de chaque jeune ?

Il faut travailler sur sa notoriété, dans les médias, en direction des parents, familles et directement auprès des jeunes, en particulier grâce à ceux qui ont déjà réalisé un Service Civique. A l’école ou dans les centres de formation, il devrait être plus souvent mis en valeur, faire l’objet de sessions d’information. Plus cette expérience sera reconnue, plus elle sera indispensable dans le parcours éducatif des jeunes.

Nous travaillons actuellement avec Parcoursup, qui pourrait inclure dans ses propositions l’inscription en Service Civique. Les choses sont liées : le faire reconnaître de tous et le faire reconnaître comme une expérience positive pour les jeunes (acquisition de compétences, etc.).

Comment voyez-vous le lien entre le SNU et le Service Civique? 

Le Service Civique doit inspirer le SNU sur le thème de l’engagement. Dès la phase 1 de cohésion du SNU, il faut communiquer et insister sur la possibilité d’un engagement volontaire pour la société : présenter le Service Civique de manière systématique et homogène, en faisant intervenir des jeunes volontaires ; introduire également la dimension européenne en présentant ErasmusPlus et le Corps Européen de Solidarité. En dernière phase du SNU (phase 3), nous proposons qu’un outil commun Agence du Service Civique/SNU puisse indiquer le Service Civique comme sortie privilégiée et présente les missions proposées.

Ce qui compte c’est que le Service Civique ait sa place dans la période de montée en charge du SNU. Il faut en faire un atout – sans pour autant ignorer les remous sur le terrain lorsque certains voient le risque d’une concurrence budgétaire.

Quelle place pour Unis-Cité ?

Unis-Cité a une place très spécifique. C’est elle qui a inventé le dispositif. C’est une association à l’avant-garde, avec des programmes très originaux et toujours en phase avec les besoins sociaux et les valeurs du Service Civique. Je dirais aussi qu’elle joue un rôle d’aiguillon. Avec Unis-Cité, ça déménage et ça me va… j’aime bien !

Je lui souhaite longue vie, avec des partenariats forts !

D’une manière générale, mon rôle est d’être au plus proche des structures d’accueil de volontaires, les aider à bien faire leur travail.

Quel lien avec les entreprises ?

J’aimerais que les entreprises fassent davantage la promotion du Service Civique auprès de leurs salariés, et que les DRH soient plus sensibles aux candidatures d’anciens volontaires et aux compétences acquises pendant leur engagement. De notre côté, nous expérimentons deux outils, Job Ready (Article 1) et Rectec (DiaGoriente), qui doivent permettre aux jeunes de mieux identifier et formaliser ces compétences afin de les mettre en valeur dans leur CV et lors de leurs entretiens d’embauche.

Par ailleurs, nous avons créé un Club de Valorisation et de promotion du Service Civique où 10 grandes entreprises sont adhérentes. Avec les 10 ans du Service Civique l’année prochaine, nous visons d’élargir le Club pourquoi pas à 40. Les membres s’engagent, en interne, à promouvoir le Service Civique auprès de leurs salariés et à le valoriser comme un atout du parcours des jeunes, et à l’extérieur à collaborer à sa réussite, notamment en participant et finançant des actions de communication.

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