Mahmoud, 24 ans, réfugié syrien en Service Civique à Unis-Cité Bordeaux :

« S’adaptant à la situation de crise, notre mission a dû évoluer »… mais « on y arrive ! »

 
Quelle est ta mission de Service Civique ?
Depuis octobre 2019, je fais partie de la première promotion “Coop’R” du Service Civique d’Unis-Cité Bordeaux. Notre mission principale est de lutter contre les préjugés envers les réfugiés et de faciliter leur intégration au sein de la société française. Pour moi et les autres volontaires réfugiés qui ne connaissent pas encore bien le français, il y a aussi des cours de langue. Notre équipe est encadrée par Marine, notre coordinatrice.
Comment ta mission a-t-elle évolué depuis le confinement ?
S’adaptant à la situation de crise, notre mission a dû évoluer. Nos ateliers se font désormais en visioconférence afin de maintenir l’apprentissage de la langue, la concrétisation du spectacle de danse que nous avions prévu, et puis les échanges de savoir-faire. C’est bien, on y arrive ! J’ai mes 4 heures par semaine de cours de français, et aussi les ateliers linguistiques avec un autre jeune en Service civique, qui est français et m’aide à progresser.
Nous avons aussi mis ce temps à profit pour “rencontrer“ (à distance) les autres volontaires en Service civique à Unis-Cité Bordeaux, en participant à leurs ateliers/débats, tels que “Atelier d’écriture“, “Estime de soi“, “Projet toi“, etc.
Comment se passait ton Service Civique avant la crise sanitaire ?
J’avais donc des cours de Français (Théâtre – grammaire), 4 heures par semaine. Et je participais à des ateliers linguistiques en binôme. Et puis, répartis en 5 groupes de 4 volontaires, nous allions tous les mercredis dans différentes associations. Personnellement, je participais à un projet d’aménagement d’un jardin partagé visant à sensibiliser les habitants du quartier à l’écologie.
Toutes les semaines, avec l’ensemble des Coop’R, nous avions des cours de danse (HipHop) avec des danseurs professionnels. Nous avons pour ambition de monter notre propre spectacle artistique à la fin du Service Civique.
Dans le cadre de notre mission, nous avons aussi pu apporter de l’aide durant des événements importants se déroulant à Bordeaux, tels que le passage du Train de la Solidarité et la Journée de la Banque Alimentaire. J’ai eu aussi le plaisir de participer à la rencontre nationale du programme Volont’R, à Paris en février.
Que comptes-tu faire après ton Service Civique ?
Le Service Civique permet une bonne adaptation à un nouveau pays, et en même temps on fait du bien à la collectivité. Maintenant je me sens prêt à rejoindre la fac pour des études de sciences politiques. Je n’en ai pas eu l’opportunité jusqu’à maintenant à cause de la guerre dans mon pays, mais j’avais obtenu le bac en Syrie. Ensuite, je voudrais trouver un travail digne, dans les relations internationales ou le journalisme.