Service civique dans les services publics : des bonnes pratiques à partager sans modération !

Éducation Nationale, Pôle emploi, préfecture, Hôpitaux… les services publics sont nombreux à accueillir des jeunes en Service Civique. Cette dynamique n’a pas été simple au départ et a suscité de nombreux débats. Les services publics ont même fait l’objet de vives critiques sur la qualité des missions et de l’accompagnement qu’ils proposaient aux jeunes. Des acteurs de la société civile ont voulu enquêter et nous montrent aujourd’hui une autre facette du Service Civique dans les services publics !

Unis-Cité a ainsi initié une « Enquête sur le Service Civique dans les services publics : état des lieux et bonnes pratiques » (parue en octobre 2021) – avec le soutien de l’Agence du Service Civique (ASC) – élaborée par une équipe d’enquêteurs dont Jean-François Serres, fondateur de Monalisa et co-rapporteur de l’étude de 2017 du CESE sur le service civique – et dirigée par un Comité éditorial composé de personnalités diverses de la société civile, du monde syndical et de la haute fonction publique, toutes convaincues de la pertinence et de l’utilité sociale du Service Civique et de la nécessité de le rendre accessibles à tous.

L’enquête a été menée auprès des différentes parties prenantes concernées (direction, tuteurs, jeunes) et analyse des données et enquêtes de satisfaction relatives aux jeunes engagés en Service Civique dans les services publics, ceux de l’Etat (Education nationale…), de l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris (AP-HP), de Pôle emploi, et de l’administration territoriale, ses différentes collectivités et leurs services municipaux dont les Centres communaux d’action sociale (CCAS). 

Les objectifs de cette enquête étaient les suivants : 

  • Aller au cœur des services publics (fonctions publiques d’Etat, territoriale, hospitalière) pour comprendre les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du Service Civique 
  • Repérer les bonnes pratiques, questionner collectivement l’intérêt de déployer le Service Civique dans les services publics 
  • Établir un certain nombre de recommandations nourries de l’ensemble de ces réflexions pour aider à un développement qualitatif du Service Civique dans les services publics.

L’enquête pose d’abord une réflexion collective sur l’intérêt de mobiliser des jeunes citoyens au cœur des services publics. Trois intérêts sociétaux ont été identifiés :

  • Associer les jeunes à l’action publique et consolider une “culture du Service Public” : En mobilisant des jeunes citoyens pour contribuer à l’action publique, les jeunes vivent une expérience concrète, intense et conséquente d’action publique, au cœur même de la vie des services publics. Cet engagement donne au Service Civique sa pleine dimension républicaine et sociétale, il peut faire changer le regard des jeunes sur les services publics et leur faire découvrir des métiers au service de l’intérêt général.
  • La présence de jeunes “non professionnels“ au cœur des services publics concrétise la Fraternité et donne un renouveau à la relation usagers : les jeunes tissent des relations d’égal à égal avec les usagers, les aident à mieux accéder à leurs droits et renforcent la dimension de « service au public ». Ils participent ainsi à l’effectivité du principe d’égalité.
  • Les missions de Service Civique dans les services publics revêtent une réelle utilité sociale, car elles sont au cœur de l’action publique. Ces missions sont d’ailleurs de plus en plus souvent déployées et animées sur des “grandes causes”, comme cela a été initié dans la lutte contre l’isolement des personnes âgées avec le Service Civique Solidarité Seniors. Le cas de l’accompagnement des populations à la transition numérique est également un sujet sociétal majeur, et les jeunes en Service Civique dans les structures publiques sont souvent mobilisés pour accompagner les plus fragiles dans leur appropriation des services publics en ligne. 

Cette enquête a aussi permis de recenser de nombreuses bonnes pratiques de Service Civique dans les services publics, ainsi que des axes d’amélioration, qui ont inspiré des recommandations : 

L’enquête ne nie pas les risques de dérive qui sont parfois mis en valeur, mais constate que ces risques ne représentent pas toute la réalité du Service Civique dans les services publics et peuvent surtout être maîtrisés par les bonnes pratiques. Au final, les réponses des personnes interrogées ont surtout mis en avant les effets plus que positifs du Service Civique sur le développement personnel, l’insertion citoyenne et professionnelle des jeunes, mais aussi sur son utilité pour les acteurs publics. 

Les exemples de bonnes pratiques doivent inspirer et permettre de poursuivre le développement d’un Service Civique de qualité dans les Service publics !  

Télécharger l’Enquête complète ici et la Synthèse ici

Comité éditorial : Alain Régnier, Délégué Interministériel à l’Accueil et à l’Intégration des Réfugiés – Benoît Garcia, Membre du groupe CGT au CESE – VP du CESE, fonctionnaire au ministère des finances – Eléonore Tranchant, Responsable Service Civique Ligue de l’Enseignement – Éric Sapin, CCSC Volontariats – Inès Minin, CFDT – secrétaire permanente responsable des sujets jeunesse – Jean-François Serres, MONALISA/SC2S, co-rapporteur de l’étude CESE sur le Service Civique (mars 2017) – Kenza Occansey, ancien SG de la Fage / représentant de la Fage au CESE – Marie Trellu-Kane, Présidente exécutive et cofondatrice d’Unis-Cité – Pierre Catalan, Responsable de l’engagement bénévole et volontaire – Croix-Rouge Française – Sarah Bilot, Déléguée Générale d’Animafac – Vanessa Aublet et Guy Berthier, Union Nationales des Missions Locales. 

Enquêteurs et rédacteurs : Jean-François Serres, co-rapporteur de l’étude CESE sur le Service Civique – Catherine Leroy-Jay, bénévole Unis-Cité – Isabelle Prats, ancienne directrice communication Unis-Cité – Chloé Vantorre, chargée de mission plaidoyer Unis-Cité – Clémentine Leroy, ancienne volontaire en Service Civique – Marie trellu-Kane, Fondatrice Unis-Cité, ex administratrice de l’Agence du Service Civique, membre de la délégation du CESE en charge de l’étude sur le Service Civique en 2017.

 

Zoom sur quelques chiffres clés de l’Enquête

  • Les jeunes en Service Civique dans le secteur public représentent 37,9% des jeunes volontaires engagés chaque année, soit environ 55 000 jeunes.
  • 6 mois après la fin de leur mission de Service Civique dans le secteur public, les jeunes engagés sont pour 69,3% en étude, formation, emploi, stage ou alternance, contre 73,2% pour l’ensemble des volontaires.
  • 71% des jeunes engagés dans les services publics sont des femmes, contre 61% des jeunes engagés au total
  • Plus de jeunes moins diplômés ou juste bacheliers (27% diplômés du supérieur contre 35% pour tous les jeunes en SC)
  • Plus de jeunes de petites ou moyennes communes.
  • Plus d’enfants d’ouvriers et d’employés (moins de cadres supérieurs que la moyenne)

 

Focus sur les bonnes pratiques

  • Accompagnement des jeunes : tous les acteurs s’appuient sur des partenariats associatifs (FCC a minima jusqu’à tout l’encadrement)
  • Durée de la mission : 8 mois minimum pour tous les acteurs

Axes d’amélioration ou difficultés : 

  • Problèmes liés au manque de disponibilité des tuteurs (services “sous tension” ou en manque d’effectif), risque de dérive même si les jeunes expriment un fort sentiment d’utilité.
  • Décalage parfois entre missions définies par administrations centrales et besoins réels du terrain. 
  • Difficultés de recrutement dans la diversité (dispositif encore trop méconnu)