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21
Mai
2021

4 questions à : Joël Giraud, secrétaire d’État chargé de la Ruralité 

Unis-Cité
« Le monde rural a tout à gagner à l'implication de jeunes qui s'engagent pour l'intérêt général »

 

4 questions à :

Joël Giraud, secrétaire d’État chargé de la Ruralité

 

secrétaire d'État chargé de la Ruralité

 

Que peut apporter le Service Civique aux  territoires ruraux et aux jeunes qui les habitent ?

Le Service Civique a été créé par la loi du 10 mars 2010 et vise à « renforcer la cohésion nationale et la mixité sociale » en offrant à toute une génération l’opportunité de s’engager et de donner de son temps à la collectivité, au service de belles causes. L’engouement pour le Service civique démontre à lui-seul qu’il apporte beaucoup, tant aux jeunes qu’aux territoires, notamment les territoires ruraux.

Nous sommes passés d’environ 20 000 volontaires en 2011, à sa création, à plus de 140 000 aujourd’hui. Au total, plus de 400 000 jeunes se sont engagés depuis le lancement de ce dispositif. L’âge moyen des volontaires est d’environ 21 ans. Le Service civique a été intégré au plan « 1 jeune, 1 solution ». Ainsi, 100 000 missions supplémentaires sont prévues cette année, pour atteindre 245 000 missions en 2021.

Pour les jeunes, c’est aussi un tremplin. Il permet de se confronter au terrain, de se forger une belle expérience, valorisable sur le marché du travail, tout en donnant du sens à une volonté de s’engager. Cela permet aux jeunes de renforcer leurs perspectives d’insertion sociale et professionnelle.

Quant au monde rural, il a tout à gagner à l’implication de jeunes qui s’engagent pour l’intérêt général. Le fait que l’Association des maires ruraux de France (AMRF) se soit associée à ce dispositif l’illustre parfaitement. Les organismes d’accueil dans les territoires ruraux (associations et collectivités locales notamment) peuvent ainsi amplifier leur action au quotidien et toucher de nouveaux publics.

 

Que pourrait apporter le Service Civique à ces territoires spécifiquement : quels types de missions seraient utiles à confier à ces jeunes ; comment pourrait être déployé le Service Civique, en milieu rural, dans les « petites villes de demain » et les zones péri-urbaines ?

Le Service civique est encore insuffisamment développé dans le monde rural. C’est la raison pour laquelle, le dernier Comité interministériel aux ruralités (CIR), du 14 novembre 2020, a réaffirmé l’objectif de 30 000 missions de Service civique dans les territoires ruraux, ce qui représente un doublement de l’objectif initial.

Ce CIR a été marqué par l’annonce d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) « Jeunes engagés de la ruralité », consistant à soutenir les projets de développement de services civiques présentés par les EPCI en territoires ruraux. La première phase de cet AMI, sur 15 départements, s’est traduite par la sélection et le financement de 9 projets. Une seconde phase vient d’être lancée, avec cette fois une géographie élargie à plus de 50 départements.

 

Parmi les difficultés du déploiement du SC en milieu rural, comment parer, pour les collectivités et associations locales, le problème de l’éloignement des jeunes (habitat dispersé, décrochage scolaire, etc.) ?

Vous avez raison de dire que des problématiques spécifiques au monde rural se posent, concernant le transport notamment, mais aussi parfois le logement.

Afin de remédier à ces situation, un certain nombre d’actions sont en cours ou peuvent être imaginées : mobilisation renforcée du réseau des missions locales, soutien à des associations visant spécifiquement à développer des actions de revitalisation des territoires ruraux, discussions avec les régions en matière d’accès des volontaires aux transports scolaires, appui de certains services publics dont le maillage territorial est particulièrement dense y compris en zones rurales, etc.

Sur l’ensemble de ces thèmes et de bien d’autres, je sais pouvoir compter sur l’implication de l’Agence du Service Civique qui est fortement mobilisée. Elle développe et renforce ses partenariats stratégiques avec les associations d’élus, notamment l’AMRF, ainsi qu’avec l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), qui jouent évidemment un rôle central dans ce domaine.

 

Le programme MobiliTerre d’Unis-Cité et l’AMRF, récemment développé avec l’appui financier d’EDF (dans le cadre des CEE) à destination des territoires ruraux, permet à des équipes de jeunes d’aider à initier et déployer des solutions de mobilité durable. Que pensez-vous de ce projet ? Quel message désirez-vous faire passer aux jeunes et aux élus impliqués ?

Le Programme Mobili’Terre a été lauréat de l’appel à projets lancé par le Ministère de la Transition écologique et solidaire en mai 2019. Il est financé par le dispositif des certificats d’économie d’énergie avec le soutien d’EDF.
C’est une très bonne initiative pour promouvoir une mobilité durable et inclusive, et imaginer des solutions avec les habitants. J’adresse évidemment tous mes encouragements aux jeunes et aux élus impliqués. Nous avons besoin de leur engagement. Je suis convaincu qu’ils contribueront à faire émerger, sur la base de diagnostics partagés, des solutions de mobilité durable co-construites avec les citoyens.

Unis-Cité