3 questions à : Grégory Cazalet, Directeur général de l’Agence du Service Civique

Grégory Cazalet est le nouveau Directeur général de l’Agence du Service Civique depuis le mois d’octobre 2022. Rencontre avec cette nouvelle figure de l’Agence, ses objectifs et ses attentes.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours, en particulier vos expériences en lien avec la jeunesse et le Service Civique ?

J’ai débuté ma carrière professionnelle à la direction du budget. On pourrait croire que mon ADN professionnel est celui d’un budgétaire, c’est en partie vrai, j’aime la rigueur des chiffres, mais j’aime surtout ce qu’ils rendent possible, la mise en œuvre de la manière la plus efficace possible de politiques publiques au service des autres. C’est pour cela que l’un des fils rouges de ma carrière aura été l’égalité des chances, égalité des chances par l’école, égalité des chances par la culture, égalité des chances par les bourses étudiantes que ce soit au ministère des finances, au ministère de l’Éducation nationale ou au ministère de la culture.

Après la pandémie, j’ai aussi fait le choix de faire un pas de côté et de m’investir au sein de la délégation diversité et à l’égalité professionnelle du ministère des finances sur les sujets relatifs à l’égalité entre les femmes et les hommes, la lutte contre les discriminations, la promotion de la diversité et de l’inclusion. Je me suis également engagé dans des activités de mentorat dans le cadre du programme « Ambition Service Public » de l’association La Cordée auprès de jeunes étudiants boursiers. Ma nomination à la direction générale de l’Agence du Service Civique s’inscrit pleinement dans la continuité de ce parcours. 

 

  1. En tant que nouveau directeur général de l’Agence du Service Civique, quels sont vos objectifs pour l’année 2023 ?

En tant que directeur général de l’Agence du Service Civique, mes objectifs pour l’année 2023 sont nombreux ! Le principal est de permettre à tous les jeunes qui souhaitent s’engager et donner du temps au service d’une cause de pouvoir le faire. Répondre à l’envie d’engagement de notre jeunesse et lui donner les moyens de vivre cette expérience à travers les différents dispositifs d’engagement que nous portons à l’Agence du Service Civique, guidera chacune de mes actions lors de mon mandat. 

Je souhaite aussi accorder, quantitativement et qualitativement, les envies d’engagements des jeunes aux priorités des politiques publiques. L’Agence avait déjà privilégié certains domaines d’intervention pendant la crise sanitaire, comme la lutte contre l’isolement des personnes âgées ou le soutien scolaire. Aujourd’hui, et dans une volonté forte d’adaptation, je souhaite développer l’offre de mission dans deux domaines importants et plébiscités par les jeunes : l’écologie et l’égalité femme-homme

Enfin, je souhaite montrer aux jeunes, mais aussi aux parents, qui ne considèrent pas le Service Civique dans leur parcours qu’il peut être un atout pour leur orientation et leur avenir. En se mettant au service des autres, les jeunes volontaires apprennent à mieux se connaitre, à définir leur projet d’avenir et développent de nombreuses compétences formelles et informelles qu’ils pourront valoriser dans un parcours personnel et professionnel. Cela implique de toucher des jeunes qui sont souvent le plus éloignés des parcours classiques, je pense notamment aux jeunes en situation de handicap – qui ont la possibilité de s’engager jusqu’à 30 ans-, aux jeunes en décrochage scolaire ou encore aux jeunes qui vivent dans les territoires ruraux, et pour qui l’Agence se mobilise pour développer des missions près de chez eux ! 

 

 

  1. Unis-Cité a publié cette année une “Enquête sur le Service Civique dans les services publics : état des lieux et bonnes pratiques”, avec le soutien de l’Agence. Pouvez-vous nous dire ce qu’a prévu l’Agence pour déployer le Service Civique dans les pouvoirs publics ? Et pouvez-vous nous faire part des mesures prévues par l’Agence pour promouvoir un Service Civique de qualité dans les services publics ? 

Le Service Civique est depuis de nombreuses années déployé dans les services publics. En 2021, plus de 17% des organismes d’accueil étaient des services publics (collectivités territoriales, établissements publics et services de l’État). Je souhaite avant tout consolider voire développer, le nombre de missions accessibles dans les services publics

Les jeunes qui s’y engagent mettent en place des projets innovants qui bénéficient à la collectivité dans son ensemble, mais renforcent aussi le lien intergénérationnel et la mixité sociale et culturelle.  Par ailleurs, et au-delà de ce que peut représenter l’accueil d’un jeune en Service Civique pour un établissement, c’est aussi une chance pour les jeunes de découvrir de l’intérieur le fonctionnement de nos institutions, d’une collectivité, de nos établissements scolaires et culturels ! Ce sujet me touche d’autant plus que j’ai construit ma carrière au service du collectif, dans le public uniquement, et je me réjouis à l’idée qu’une mission de Service Civique puisse donner l’envie à un jeune d’en faire de même ! 

Pour y arriver, nous devons nous assurer que la qualité des missions proposées dans les services publics soit au rendez-vous. La qualité ne peut pas être un choix, mais elle s’accompagne. Ainsi, nous devons plus encore accompagner au quotidien les institutions et les tuteurs qui sont aux côtés des volontaires tout au long de leur mission. Cela passe par des formations, que nous proposons notamment avec Unis-Cité, mais aussi par un partage de bonnes pratiques et d’expériences que nous devons continuer à renforcer.