Les réponses d’Anne Hidalgo

 

Réponses d’Anne Hidalgo :
 
Anne Hidalgo est en plein accord avec votre proposition de faire du Service Civique un instrument au service de la jeunesse, à la fois levier d’insertion et ciment de la cohésion nationale. Elle défend le principe, pour lequel vous vous êtes tant battu : sa généralisation à toute une classe d’âge.
Comme Maire de Paris, elle a pu démontrer son engagement pour développer ce dispositif, qui constitue à ses yeux une opportunité clé dans l’orientation professionnelle des jeunes, mais aussi, peut-être surtout, une expérience concrète de la vie en société et d’engagement citoyen.
Son ambition est la même pour la France : doter notre pays d’un outil qui a fait ses preuves et qui s’inscrira à l’avenir comme une étape importante dans le parcours de vie de nos jeunes.
C’est le sens également de son adhésion au “Pacte démocratique d’urgence”, organisé dans le cadre de la Fête de la démocratie, dimanche 27 mars à l’Agora de Belleville. A travers ses nombreuses missions, le Service Civique devrait permettre à des centaines de milliers de jeunes de vivre concrètement cet engagement qui est aussi un formidable enrichissement.
Anne Hidalgo est convaincue qu’il peut constituer un levier essentiel pour renforcer le lien entre tous les Français, mais aussi conforter notre jeunesse dans son élan et son aspiration à la solidarité entre les peuples et les nations.
Elle vous assure de son soutien plein et entier pour faire de ce combat un axe prioritaire de nos politiques publiques en direction de la jeunesse, pour des générations solidaires et une démocratie vivante.
 
1. Afin de faire du Service Civique une étape de brassage social pour tous comme le veut la loi, mais aussi pour le rendre plus accessible et plus impactant pour les jeunes, Unis-Cité propose d’acter le principe selon lequel toutes les missions de service civique devraient être réalisées « en équipes de jeunes », avec un principe de mixité. Qu’en pensez-vous ? 
Le principe selon lequel les missions de Service Civique devraient se faire en « équipes de jeunes » en respectant le principe de mixité reçoit son plein accord. Cet objectif correspond à l’essence même du Service Civique : favoriser la mixité sociale, encourager la cohésion nationale, permettre une meilleure compréhension de l’autre et partager des valeurs communes bien qu’issus de milieu socio-économique et géographique différents. Les jeunes qui s’engagent recherchent une aventure collective tournée vers l’intérêt général et ont besoin de rompre avec une solitude parfois pesante alors qu’ils sont au tout début de leur parcours. Réaliser une mission de Service civique n’est pas une démarche anodine : il s’agit de s’ouvrir à l’autre, de l’accueillir dans ses différences. Le Service Civique, c’est une école de la citoyenneté et de la fraternité. Il s’agit de faire vivre notre belle devise républicaine.
 
2. D’aucuns appellent à la réinstauration d’un service national obligatoire. Nous sommes nombreux à penser que le Service Civique, sorte d’année de césure citoyenne’, à la fois utile pour les jeunes en termes d’insertion citoyenne et professionnelle, utile pour les structures qui les accueillent et indispensable pour le devenir de notre vie démocratique, devrait faire partie du parcours éducatif de tous les jeunes. Que pensez-vous de faire du Service Civique un passage nécessaire, valorisé et soutenu massivement par l’Etat dans le parcours de tous les jeunes ?
Le soutien du Service Civique par l’Etat, pour permettre à l’ensemble des jeunes concernés de pouvoir en bénéficier, fait partie des mesures que nous prendrons, avec pour objectif de pouvoir répondre à toutes celles et ceux qui sont volontaires.
Pour preuve, Paris est la collectivité qui accueille en France le plus grand nombre de jeunes en Service Civique. La dernière promotion a accueilli 463 volontaires malgré la crise sanitaire et un objectif de recrutement de 500 volontaires a été voté pour la prochaine promotion 2021/2022
 
3. Le Service Civique est financé aujourd’hui à hauteur de 130 000 jeunes par an (il devrait en concerner 200 000 en 2022 grâce au budget complémentaire apporté par le plan de relance) – ce qui correspond à environ 80 à 120 000$ places de 8 mois en moyenne cofinancées par l’Etat. 67% des jeunes déclarent vouloir faire un service civique ? – soit un besoin de 500 000 places par an. Seriez-vous prêts à créer un « droit au Service Civique » : à faire en sorte que tous les jeunes, dès le collège, soient informés de la possibilité pour eux d’en faire un (dès 16 ans donc), et que tous puissent y avoir effectivement accès (en finançant donc au moins 500 000 places par an)? 
Depuis 2010, plus de 600 000 jeunes ont été volontaires en Service Civique. Nous pouvons sûrement faire mieux ! Je suis pour une meilleure information et sensibilisation de l’ensemble des jeunes, dans les lycées et dans tous les lieux d’enseignements ouverts aux 15-25 ans afin de proposer cette belle expérience et de donner l’envie de l’inscrire dans son parcours.  Cela passe aussi par l’information auprès des jeunes en situation de handicap afin de leur donner l’occasion de vivre aussi cette aventure formatrice à tous points de vue. Mon objectif est de donner les moyens à tous les jeunes, dans tous les territoires, de pouvoir réaliser une mission en service civique en se disant : moi aussi je peux m’engager pour une grande cause !
 
4. Le Service Civique Solidarité Séniors a été lancé il y a un an pour renforcer le déploiement de jeunes en Service Civique auprès de nos seniors isolés. Que pensez-vous de soumettre au Parlement, tous les 5 ans, sur proposition du CESE et/ou d’une consultation citoyenne mobilisant les jeunesses de France, les 3 à 5 grandes causes sur lesquelles les jeunes devraient être, par le service civique, mobilisés en priorité pour les 5 années à venir, avec une mobilisation animée en associant outre le ministère en charge, l’ensemble des acteurs associatifs et collectivités territoriales concernés ? 
Pour ce qui concerne les missions prioritaires du Service Civique, elles pourront être discutées et précisées par le CESE, ou directement par consultation des jeunes, sans que cela ne donne lieu pour autant à un vote formel du Parlement, afin de permettre au dispositif de pouvoir s’adapter en tenant compte des circonstances du moment et des envies d’engagement de notre jeunesse. A Paris, nous proposons actuellement une cinquantaine de missions qui s’articulent autour de 5 grands programmes qui sont la lutte contre l’exclusion, la participation citoyenne, la réussite éducative, la préservation de l’environnement et le service public proche des personnes qui y ont recours.
Permettre à tous les jeunes d’accéder à une mission en Service Civique qui leur convienne et qui réponde à leur soif d’engagement, sans distinction de territoire, d’études, de parcours de vie, c’est construire l’avenir de notre pays en misant sur la solidarité et l’entraide.  Écouter, c’est vivre ensemble. Entendons la jeunesse avec ses envies et ses besoins car c’est avec elle que nous construirons des lendemains toujours plus solidaires.
 

“Le Service Civique, il faut vraiment l’accroître, le déployer (…). Je veux que l’image qu’on a du Service Civique soit celle de quelque chose de très positif, relevant de l’engagement, que l’on puisse valider les compétences et les connaissances acquises pendant le Service Civique.”

Anne Hidalgo, « des candidats et des jeunes », maison de la radio, 22 mars 2022