Les réponses de Valérie Pécresse

 

Réponses de Valérie Pécresse :
 
1. Afin de faire du Service Civique une étape de brassage social pour tous comme le veut la loi, mais aussi pour le rendre plus accessible et plus impactant pour les jeunes, Unis-Cité propose d’acter le principe selon lequel toutes les missions de service civique devraient être réalisées « en équipes de jeunes », avec un principe de mixité. Qu’en pensez-vous ?
Le service civique est un formidable vecteur d’intégration, de partage et d’émancipation. Nous devons encourager l’engagement des jeunes dans la société, à tous les niveaux. L’engagement des jeunes en service civique est également un moyen de promouvoir la mixité et le partage. A titre personnel, je suis favorable à ne pas ajouter des nouvelles contraintes et alourdir la législation en vigueur. Il me semble que la flexibilité et l’adaptation aux besoins des acteurs est un facteur déterminant de la réussite du développement du dispositif. Et il est important que les bonnes pratiques s’imposent d’elles-mêmes sans nécessairement une contrainte juridique.
 
2. D’aucuns appellent à la réinstauration d’un service national obligatoire. Nous sommes nombreux à penser que le Service Civique, sorte d’année de césure citoyenne’, à la fois utile pour les jeunes en termes d’insertion citoyenne et professionnelle, utile pour les structures qui les accueillent et indispensable pour le devenir de notre vie démocratique, devrait faire partie du parcours éducatif de tous les jeunes. Que pensez-vous de faire du Service Civique un passage nécessaire, valorisé et soutenu massivement par l’Etat dans le parcours de tous les jeunes ?
A titre personnel, je ne suis pas favorable à un service civique obligatoire. Le sens du service civique est celui de l’engagement. Le rendre obligatoire dénaturerait la nature même du service civique. Cependant, nous devons aller vers une généralisation, c’est-à-dire permettre à tous les jeunes qui le souhaitent de pouvoir réaliser un service civique. C’est la raison pour laquelle je souhaite augmenter a minima de 50% le nombre de services civiques d’ici à la fin du quinquennat, ce qui le porterait à près de 400.000 jeunes en service civique par an. Plus de la moitié de chaque génération, c’est considérable . Par ailleurs, j’encouragerai et reconnaîtrai l’engagement des jeunes, notamment associatif, durant le parcours scolaire. Cet engagement au cours de la scolarité continuera à l’université, avec une valorisation de cet engagement dans Parcoursup. Cela s’appliquera bien évidemment au Service Civique.
 
3. Le Service Civique est financé aujourd’hui à hauteur de 130 000 jeunes par an (il devrait en concerner 200 000 en 2022 grâce au budget complémentaire apporté par le plan de relance) – ce qui correspond à environ 80 à 120 000$ places de 8 mois en moyenne cofinancées par l’Etat. 67% des jeunes déclarent vouloir faire un service civique ? – soit un besoin de 500 000 places par an. Seriez-vous prêts à créer un « droit au Service Civique » : à faire en sorte que tous les jeunes, dès le collège, soient informés de la possibilité pour eux d’en faire un (dès 16 ans donc), et que tous puissent y avoir effectivement accès (en finançant donc au moins 500 000 places par an)? 
Je ne sais pas s’il s’agit du terme adapté. Je m’engage cependant à déployer très largement le service civique, avec une augmentation de 50% des offres, pour que tous les jeunes qui souhaitent en réaliser un puissent le faire. Il faudra adapter l’offre et la demande.
 
4. Le Service Civique Solidarité Séniors a été lancé il y a un an pour renforcer le déploiement de jeunes en Service Civique auprès de nos seniors isolés. Que pensez-vous de soumettre au Parlement, tous les 5 ans, sur proposition du CESE et/ou d’une consultation citoyenne mobilisant les jeunesses de France, les 3 à 5 grandes causes sur lesquelles les jeunes devraient être, par le service civique, mobilisés en priorité pour les 5 années à venir, avec une mobilisation animée en associant outre le ministère en charge, l’ensemble des acteurs associatifs et collectivités territoriales concernés ? 
Je souhaite que l’avenir offre de nombreuses opportunités pour la jeunesse. Dès le début du quinquennat, je mettrai en place une consultation nationale « Élan Jeunesse 2027 ». Cette consultation à tous les niveaux doit permettre aux jeunes de s’exprimer et de pouvoir échanger avec les décideurs publics sur leurs attentes et besoins. Concernant les causes sur lesquelles les jeunes en service civique sont mobilisés, elles sont aujourd’hui définies dans la loi. Là encore, ne complexifions pas un dispositif qui fonctionne. Nous devons encourager le Service Civique, pas créer de nouvelles contraintes.

 
“Je voudrais augmenter de 50% le nombre de Service Civique parce que je pense que c’est très important que les jeunes qui ont envie de s’engager puissent le faire et puissent être indemnisés et prendre un temps pour le faire.”

Valérie Pecresse, « des candidats et des jeunes », maison de la radio, 22 mars 2022